Description
Le château de Trécesson en Brocéliande
Le château de Trécesson est l’un des plus anciens, mais aussi l’un des plus beaux et romantiques de Bretagne. En bordure de la forêt de Brocéliande, il séduit par son architecture originale en schiste pourpre et son état préservé. Mais il doit sa renommée à de nombreuses légendes qui lui sont liées, notamment l’une des plus célèbres de Bretagne. Celle de la Dame Blanche…
Un château médiéval
Un premier château a été identifié à cet endroit au VIIIe. Il était la propriété des seigneurs de Ploërmel et Campénéac, dont ces derniers ont donné leur nom à la commune. Racheté au XIIIe par la famille Trécesson, il fût entièrement reconstruit par un descendant, au début du XVe. Celui-ci, Jean de Trécesson, obtint du duc Jean IV de Bretagne, son maître, l’autorisation de lui donner un aspect militaire.
Entouré par un étang dans lequel il se reflète, ce magnifique château aux couleurs changeantes est accessible par un pont. On y pénètre par un porche flanqué de tourelles, reliées par une ancienne galerie à mâchicoulis. La façade accueille, à l’angle sud-est, une troisième tourelle de forme hexagonale. L’ensemble comporte une chapelle, un colombier, un potager, un four à pain et un corps de logis, ajouté au XVIIIe.
A l’intérieur, la pièce la plus remarquable est une ancienne étuve recouverte de boiseries peintes en style renaissance. Celles-ci narrent la légende d’un croisé, Renaud, envoûté et séquestré sur une île, par une magicienne musulmane, Armide.
Le château a appartenu aux Trécesson jusqu’en 1793, puis aux Prunelé, jusqu’en 2022, et est depuis 2023 ouvert au public. Son état exceptionnel et son classement aux MH s’expliquent par cette continuité . Il accueillit un temps (1814/1830) l’école d’agriculture du Morbihan.
La légende de la Dame Blanche
Durant une nuit de pleine lune de l’hiver 1750, un braconnier est surpris par un bruit près du château. Il se cache apeuré dans un arbre et constate l’arrivée d’une carriole. Plusieurs hommes en sortent à la lumière de torches et se mettent à creuser un trou. Deux autres, bien habillés, descendent ensuite du véhicule, accompagné d’une femme en pleur et en tenue de mariée. La promise est alors jetée vivante, avec sa couronne et son bouquet, dans la fosse. Celle-ci est immédiatement rebouchée et recouverte de feuilles.
Le braconnier attend que le calme revienne et rentre terrifié auprès de sa femme qui le réprimande pour sa lâcheté. Elle décide de l’accompagner au château pour prévenir le propriétaire. Le temps de le réveiller et de rassembler quelques hommes, les premières lueurs du jour pointent. La tombe est retrouvée, et la jeune femme déterrée, mais elle meurt aussitôt. Le seigneur lui organisa des funérailles dignes et conserva sa tenue dans la chapelle. Très affecté, il chercha en vain les coupables pour les faire punir.
Durant la Révolution, le château fût pillé et la robe volée. Mais, c’est durant cette période que l’on découvre le nom de l’infortuné. Il s’agissait de Triphine de Kertineur, une jeune noble. Elle a été tuée par ses frères, opposés à son mariage avec un membre d’une famille rivale. Depuis cette époque, les nuits de pleine lune, son fantôme erre, en nuisette blanche, sur les toits du château.
La légende des joueurs fantômes
Depuis longtemps, l’une des chambres du 2ème étage avait la réputation d’être hantée et les invités ne voulaient y dormir. Au milieu du XIXe, un convive arrogant décide d’y coucher, mais avec son pistolet dans son lit. A minuit, sortant d’une porte invisible, deux gentilshommes s’installent à une table et jouent aux cartes dans un silence glacial.
Soudainement, alors qu’un orage éclate, les protagonistes se disputent, et l’invité tire sur eux avec son pistolet avant de s’endormir. Le lendemain matin, il se réveille et une pile de pièces d’or se trouve sur la table. Le téméraire veut conserver les pièces, mais le propriétaire refuse. Un procès s’engage entre eux à Rennes, mais il était difficile de convoquer les fantômes. Finalement, les documents brûlent mystérieusement, et l’on ne connaît l’issu de celui-ci.
La légende du Pied d’Anon
L’histoire remonte au début du XVIIIe, lorsqu’un seigneur de Trécesson perd ses propriétés lors d’une partie de carte à Versailles. Abattu, il s’apprêtait à partir ruiné et déshonoré, lorsque son serviteur, Firmin, lui rappela qu’il lui restait un domaine.
Il s’agissait d’un mystérieux rocher monumental, et de sa cabane attenante. Situé dans la lande de Campénéac, il avait pour nom le Rocher d’Anon, et était une dépendance du château. Galvanisé et en transe, il en prononça plusieurs fois le nom, en misant à nouveau, et regagna progressivement ses titres. Il quitte ensuite définitivement Versailles, heureux de retrouver sa Bretagne, et sa bonne fortune.
La légende des abeilles
Du temps où l’on se parfumait abondamment, les pièces situées au-dessus des douves étaient imprégnées d’un mystérieux nectar. Celui-ci, constitué de plusieurs décennies de fragrances de fleurs locales, était incrusté dans les murs du château. Régulièrement, des nuées d’abeilles, attirées par l’odeur, venaient assiéger le bâtiment. Les habitants se réfugiaient alors dans ces pièces et les abeilles tombaient, mortes, sur le pas des portes. Rien, ni personne, ne pique un Trécesson.
D’autres fantômes de Trécesson
Plusieurs autres fantômes fréquentent le château, mais l’on ne sait rien d’eux. Il y’a l’homme rouge, dit de Baraton, qui apparaît parfois aux fenêtres. Il y a aussi un curé, sans tête, qui se promène sur les rives de l’étang. Mais aussi, ceux d’une nourrice et d’un enfant de la famille, qui se retrouvent sur le pont. Et, enfin, ceux de deux amants se rejoignant également sur ce pont. A moins que ce ne soit les mêmes…
Si vous souhaitez le visiter, le site du château de Trécesson est ici.
Sinon, retrouvez nos affiches sur les châteaux du Morbihan






























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